Mike Oldfield - Return to Ommadawn




A tout seigneur tout honneur,

J’ai toujours eu un faible pour Mike Oldfield , un gros faible même et ce depuis ma première rencontre avec son œuvre.

Classe de 6ieme, les années 80, les jeux de rôles et vidéos ,Tolkien et  Moorckock,  quelques pétards dans les boites aux lettres et absolument aucune idée de ce que peut bien être une fille. Le rock prog est encore un peu loin de moi et mes gouts musicaux se résument a Paul Maccartney, Jean-michel  Jarre et 1 ou 2 titres d'Alan Parsons Project . C’est peu , c’est foutraque, c’est le moment de faire une rencontre.

Elle se feras chez un ami avec la chaine cd toute neuve de son grand frère, un de ces week-end marathon  ou nous regardions 4 films (d’horreur si possible, sf au pire) dans la nuit , une partie de d&d ou Chtulhu et quelques parties sur le flambant neuf Amstrad du bureau du grand frère donc .

« Tiens regarde ça, c’est le cd de la musique de l’exorciste ! » me lance l’ainé de la fratrie pendant que j’attends mon tour au joystick. Hop le casque , play , 30 premières secondes : « ah ouais ! » puis le trou , le siphon , happé littéralement par l’univers musical que je découvre, je ne peux plus m’arrêter , je remet le cd dès le début, la première dose est la bonne , je suis devenu un junkie. Mélange d'orages électriques et de mélodies flamboyantes, l'effet est sur moi dévastateur. J'ai trouvé mon style musical , le rock progressif , en 86 c'est plus de 10 ans après la bataille.

Le seul autre album disponible chez lui est Incantation et il va me faire encore plus d'effet, il faudra que je me procure moi-même les 2 autres: Hergest Ridge et Ommadown . J'ai, d'ailleurs, toujours  considéré qu’il s’agissait d’une quadrilogie et non pas une tri ; incantation étant finalement une somme des trois premiers en forme de conclusion – temporaire - avant de passer à – presque – autre chose.

C’est donc dire a quel point je l’attendais le dernier opus, cette promesse d’un retour à l’age d’or , qui , malgré de très bons albums dans le début des années 80 et du moins bon fin 80 et 90, ne fut plus retrouvé a part par le grandiose AMAROK (j’en reparlerais surement un jour de celui la) .

La pochette d'abord et c'est ce qui me permet de revenir au début de mon article - car oui j'imagine que vous vous êtes dis mais qu'est ce qu'il viens nous beurrer la raie avec ses souvenirs d'enfance - elle est belle certes mais elle semble avoir été faite pour le gamin que j’étais dans ces années là : jeux de rôle et héroic fantasy ; mélange de Runequest et Forgotten Realms, Mike O semble connaitre ce qu'il  reste de sa base de fan qui est aujourd'hui au minimum quarantenaire et tente de cibler juste. J'auto-centre peut-être un peu mais pour les plus vieux, l'illustration leur rappellera surement du Roger Dean .Est-ce ,donc, une démarche opportuniste ou une connivence avec nous ? (vous avez une heure)

Passons à la musique pour en avoir le cœur net, 2 plages de 20 minutes chacune, comme au bon vieux temps. tous les instruments sont  joués par Mike O - plus d'une vingtaine - et la première chose qui saute aux esgourdes c'est la production : puissante, claire, lumineuse . Une basse ronde et profonde , des guitares acoustiques cristallines qui cèdent leurs place à l’électrique et là, force est de reconnaitre , Mike est toujours Mike . ce jeu qui n'appartiens qu'à lui fait des merveilles jusqu'au climax de la fin de la première partie. un régal .les rythmiques rappellent, bien sur, Ommadoawn mais aussi Hergest et Incantation , la filiation est bien la .
La deuxième partie plus douce et heureuse finit sur un Horseback qui , contrairement à son ainé de 75 , est fort réjouissant ; oui je vais surement me faire étriper par les puristes mais je n'ai jamais réellement aimé la face 2 de Ommadawn, non pas qu'elle soit mauvaise mais ,comparée au 3 autres albums, moins inspirée.

Mais alors c'est du tout bon ? Chef d’œuvre à classer avec les 4 autres ? Parlerons nous maintenant de pentalogie ? En fait non, il manque quelque chose de primordial à cet album ; c'est le coté torturé , oppressant, expérimental que l'on avait sur les précédents.
Mike  est en terrain connu, zone de confort , il maitrise son sujet mais ne sort pas de ses rails , le ballotement ressenti n'est plus la . La ballade est magnifique mais ne nous malmène jamais .

Au final, oui Mike tente vraiment de nous faire plaisir, aux vieux fans, aux anciens de la première heure . Si vous êtes de ceux ci alors le voyage sera merveilleux, comme un cocon de souvenirs confortables . Pour les autres la roue n'a pas été ré-inventée et ce n’était de toute façon pas le propos. C'est un album généreux et sincère dans sa démarche, il ne sent jamais le préfabriqué mais il a perdu de son mordant en route ; il ne cherche plus à faire mal . 42 ans sépare le voyage aller de celui du retour et le chemin emprunté n'est plus sinueux, comme si le temps manquait pour atteindre sa destination. Mike est toujours Mike mais le temps a passé.



Pour nous aussi ...




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